Tagcopyright

De l’importance du respect des droits sur l’image

C’est au micro de la RTS que Mathieu Jaton, directeur général du Montreux Jazz s’excuse, mais surtout explique ce qui s’est passé suite à la diffusion d’une photo du petit Grégory comme image d’illustration pour de la publicité d’une garderie. Avec une grande transparence Monsieur Jaton explique:

  • pourquoi cette image s’est retrouvée sur leur journal le «Chronicle»,
  • qui est responsable de ce choix: une jeune graphiste d’une vingtaine d’années.

Mathieu Jaton explique qu’au vu de son âge elle n’a pas pu prendre conscience de la portée de son choix, arguant le fait qu’elle ne pouvait pas connaitre le triste sort et l’histoire autour du petit Gregory. Il explique aussi l’erreur de la graphiste que d’aller «piocher» purement et simplement une image sur le Web pour illustrer en filigrane ladite publicité. Dans cette interview il explique qu’au vu de la disposition de l’image (placée sous le texte) elle est elle aussi passée outre le contrôle des correcteurs. Le tout pour résumer cette bourde à une erreur de jeunesse, une erreur humaine. Présenter leurs excuses aux parents de la victime ainsi que de retirer immédiatement tous les supports qui utilisaient cette image.

Loin de moi l’idée de faire un procès sur ce qui vient de se passer, mais plusieurs questions me viennent en tête. Sans compter le fait que nous pourrions entamer à nouveau le débat de la question des droits sur l’image et le fait qu’Internet nous rappellera sans cesse que copier impunément ne résout rien, pire encore le Web peut sacrément vous revenir en pleine figure pour vous rappeler ce genre de gestes.

Les questions qui surviennent au sortir de cette affaire sont les suivantes:

  • Pourquoi la graphiste est allée se servir sur le Web pour son illustration ?
  • Pourquoi en tant que graphiste elle n’a pas créé ce visuel de toutes pièces ?
  • Pourquoi sa bourde est «excusable» par le fait qu’elle est jeune et étudiante ?
  • Pourquoi le Montreux Jazz utilise des «étudiantes» pour un support publicitaire comme ce journal dans un registre commercial (les pubs je l’imagine, ne sont pas gratuites) ?
  • Pourquoi une telle bourde peut échapper à un contrôle par des correcteurs (tel que mentionné dans l’interview) ?
  • Doit-on penser que parce qu’elle est graphiste, jeune étudiante et sûrement mal payée elle a tout de même une certaine liberté pour concevoir des contenus publicitaires sans forcément en référer à un supérieur ?
  • Pourquoi quand il y a bourde c’est toujours la faute à un jeune, à un stagiaire ?
  • Le véritable responsable dans un tel cas, c’est qui ?

Last but not least:

Pourquoi quand je tape «enfant» dans google pour trouver des images de bambins je trouve tout sauf une photo du petit Gregory ?

 

Swisster pas très cool avec les images des autres

Swisster, le service d’informations payant et en anglais d’Edipresse, ne semble pas connaître les notions de copyright. Belle surprise ce matin en parcourant l’édition en ligne et l’article sur le chômage en Suisse avec comme illustration cette image de remise de diplômes. Je n’ai eu aucune peine à reconnaître l’image en question et voir que elle avait été utilisée sans l’autorisation de son possesseur (ni même de mention d’origine). Aucune peine en effet, puisque cette photo a été prise à Barcelone cette année dans le cadre de remise de diplômes dans une université privée. Je l’ai reconnu sans hésitation puisque je me trouvais également sur place le jour où elle a été prise ! Engagé par la société Artionet pour le compte de cette université, j’ai pu assister aux cérémonies lors des différents tournages que j’ai eu à faire. Le plus drôle c’est que l’image se trouve physiquement sur le site de Swisster (avec cette adresse: http://www.swisster.ch/multimedia/images/img_traitees/2008/09/bcngraduation202008_news_home.jpg) et que le nom de la photo n’a même pas été changé!

Il semblerait qu’Edipresse préfère utiliser des images trouvées sur le net que de se les procurer via des agences ou par leurs propres moyens. Etonnant de voir de telles pratiques surtout venant d’un très grand groupe de presse qui se lance dans ce pari important: vendre la consultation de son contenu en ligne. L’idée n’est pas nouvelle mais audacieuse quand on voit la morosité dans le marché des journaux ici en Suisse. Alors que pensez de tout cela ? Que faire dans de tels cas et surtout comment réagir si cela vous arrive ?

A noter que j’avais pris contact avec Swisster pour les rencontrer et faire une interview pour l’émission CulturePod. Cela me fait une question de plus à leur poser!

Le lien sur le site et la photo originale ici

© 2014 ThierryWeber.com

Theme by Anders NorenUp ↑