Dernièrement, on m’a posĂ© la question de ce qui avait Ă©tĂ© fait en matière de buzz et de viral ici en Romandie. Faisant le compte et un bref rĂ©sumĂ© de chaque campagne, je me suis dit que partager cet « Ă©tat des lieux » pourrait Ă©galement servir ici en ligne. Attention, je n’ai ici que la prĂ©tention de rĂ©unir ce que j’ai vu passer Ă ma connaissance et d’y amener mes commentaires et autres conclusions. De quoi Ă©viter tout malentendus, agences et autres pro du viral vous ĂŞtes bien Ă©videmment invitĂ©s Ă venir complĂ©ter cette liste et d’y amener vos infos. Avant toutes choses et mĂŞme si l’exercice a Ă©tĂ© fait des dizaines de fois ailleurs, voici une Xème fois une brève dĂ©finition de ce que sont viralitĂ© et buzz.
Commençons par le viral, il existe depuis très longtemps et sous une forme naturelle pour l’ĂŞtre humain j’ai nommĂ© le bouche Ă oreille. De quoi faire passer un message, une rumeur, une info d’une personne Ă une autre. Sur le web, le viral prend la forme de « je te file ce lien, cette vidĂ©o parce que je l’ai trouvĂ© sympa et j’ai envie de les partager avec toi » et du coup, il y a de fortes chances (si le contenu tient la route) que cela se propage plus loin.
Vous avez tous en mĂ©moire ces pub tellement drĂ´les que vous les envoyiez Ă vos amis pour que eux aussi puissent se marrer. Sans forcĂ©ment faire appel Ă cette technique, elles se sont retrouvĂ©es Ă faire le tour du web simplement par les utilisateurs. La technique actuelle consiste maintenant Ă Ă©laborer des campagnes et des contenus qui pourront eux aussi passer d’email en email, de tweet en facebook et de bouche Ă oreilles.
Le buzz doit son origine Ă l’anglais (to buzz?) En fait vibrer, faire du bruit ou tout simplement se faire remarquer. De quoi susciter intĂ©rĂŞt et rĂ©actions pour qu’en finalitĂ©: on en parle ! Le buzz d’ailleurs comme le viral peut Ă©galement se retrouver Ă fonctionner bien en dehors du web. Le web sert ici Ă amplifier le phĂ©nomène et Ă en faciliter grandement sa diffusion. CoĂ»ts diffĂ©rents, facilitĂ© d’usage, calculs possibles sur les retours et autres stats. Il est Ă©vident que le web amène beaucoup plus d’avantages.
Alors quelles campagnes viral & buzz avons-nous eu droit durant ces dernières deux-trois dernières années en Romandie ?
Tribune de Genève et 24 Heures
Deux journaux bien romands qui ont osĂ© l’usage du buzz & du viral dans une mĂŞme campagne (une pour chaque titre) et ceci grâce Ă la contribution de Vanksen. Une agence europĂ©enne fraichement installĂ©e en Suisse mais qui tarde Ă faire « son trou » ici Ă l’inverse des fabuleux rĂ©sultats obtenus en France et dans le reste de l’Europe. Leurs rĂ©fĂ©rences sont nombreuses et surtout variĂ©es en matière de type de clients.
Un joli coup que de voir des journaux se lancer dans un tel usage. Les campagnes « dont vous ĂŞtes le hĂ©ros » se composaient de vidĂ©os dans lesquelles textes, noms ou messages Ă©taient intĂ©grĂ©s grâce Ă la technologie flash. De quoi se rendre tout fier pour passer le lien Ă ses amis puisque vous vous retrouviez ainsi « impliquĂ©s » dans la campagne.
Josy
En matière de buzz, on peut Ă©galement faire appel Ă cette technique sans pour autant utiliser le web et mĂŞme pas s’adresser Ă un client « end user » comme ce fĂ»t le cas de « Qui connaĂ®te Josy ? » une campagne orientĂ©e quasi BtoB puisque lancĂ©e par un groupe de presse (sauf erreur Ringier) pour mettre en avant leurs titres. L’agence (ne sais qui a orchestrĂ© cette campagne) a optĂ© pour l’usage d’une photo d’une femme au physique particulier, ni belle ni moche mais qui « avait quelque chose » de quoi accrocher le regard et se poser des questions sur qui est cette Josy. La campagne parue dans L’Hebdo a durĂ© assez longtemps pour que pas mal de professionnels de la branche ainsi que des lecteurs cherchent Ă comprendre ce qui se cachait derrière cette femme.
Buzz Academy
Une Ă©cole pour apprendre le buzz et le viral, c’est que proposait l’agence genevoise de dĂ©tails.ch sous la forme d’exercices pratiques et cas concrets. Une « campagne » de pub orchestrĂ©e par dĂ©tails.ch et soutenue par le Sawi, cĂ©lèbre Ă©cole de marketing et de communication Suisse. Mini site web, spot de pub dans des podcast et e-mailing furent les outils choisis pour promouvoir cette opĂ©ration. Marques de montres, office de tourisme, professionnels du marketing furent les premiers Ă©lèves de cette Ă©cole organisĂ©e sur plusieurs semaines de travail. LĂ aussi difficile de mesurer le succès d’une telle opĂ©ration puisque très orientĂ©e BtoB, Le marchĂ© Suisse Romand Ă©tant tellement spĂ©cifique pour ne pas dire restreint que nous Ă©tions en droit de nous poser la question de l’utilitĂ© d’une telle initiative.
Le Parfait
Une sorte de grande première en Suisse Romande et mĂŞme en Suisse « tout court » puisque Le Parfait, quasi emblème national au mĂŞme titre que le cervelas fait aussi appel Ă ces techniques. Une première aussi puisque « derrière » Le Parfait il y a NestlĂ© ! Une campagne dans laquelle on retrouve l’agence Vanksen, l’agence Lausannoise Tasmanie et NestlĂ© cĂ´tĂ© client. Viral avec la participation de l’utilisateur, ce concept devait ainsi provoquer l’engouement de l’internaute Ă participer lui aussi Ă la rĂ©alisation d’un spot vidĂ©o pour cette marque de pâte Ă tartiner. C’est FreeStudios qui renforce l’Ă©quipe pour produire un spot quasi fait pour la TV tant il est trop « tĂ©lĂ© » et tellement Ă cĂ´tĂ© du langage habituel du web. Preuve en est, au vu des films prĂ©sentĂ©s et produits par les internautes, que le web a son propre langage mĂŞme pour les contenus vidĂ©o. Je sais que j’enfonce ici une porte ouverte mais il semblerait que les agences ne l’ai pas encore compris ! *
C’est un jeune suisse allemand qui remporte la première place, amusant quand on voit la rĂ©partition entre romands et suisses allemands cĂ´tĂ© participants…
Festival du Film viral
Comme pour boucler la boucle, Vanksen s’est aussi fendue de produire son festival du film viral ici en Suisse. Comme je n’ai jamais eu l’occasion de participer aux Ă©ditions françaises de cet Ă©vent, je ne peux pas tellement comparer entre les deux versions mais ce que l’on peut dire (la aussi c’est une Ă©vidence) c’est que les producteurs de contenus suisses se comptent sur les doigts d’une ou deux mains. Pas de quoi donc rĂ©volutionner notre paysage mĂ©diatique mais aussi de quoi se retaper des pubs que l’on a dĂ©jĂ eu l’occasion de voir sur le web et venant tout droit du reste de l’Europe. Grand gagnant de ce festival, notre Monsieur Hatman, producteur cinĂ©ma et TV (cherchez l’erreur ?) pour la meilleure campagne virale ou buzz, je vous laisse choisir. Des productions de très belle facture qui tardent Ă trouver leur voie tant le financement en Suisse n’est pas aisĂ©. (voir les Valaisans dans l’espace, la guerre des romands et toutes les productions faites pour la TSR)
Parti libéral-Radical
Grosse surprise, en fait double surprise dans ce PAR (paysage audiovisuel romand !) que de voir dĂ©bouler des vidĂ©os virales pour un parti politique et en plus rĂ©alisĂ©es par des producteurs beaucoup plus jeunes que ce que nous avions l’habitude de voir. C’est un collectif dĂ©jĂ actif dans le monde de la radio en ligne sur le web qui commet cette campagne (payĂ©e ?) pour un parti politique Neuchâtelois. Des politiques qui osent ce mode de communication. A ce jour, je suis incapable de dire si cette campagne fut bĂ©nĂ©fique et si la toute jeune structure en question va continuer Ă donner dans ce registre. EngagĂ©s Ă produire Ă©galement des contenus de « qualitĂ© » pour la RSR, ils se voient aussi intĂ©ressants pour la toute nouvelle chaĂ®ne de tv locale « La TĂ©lĂ© »
Pause Kitt Katt
L’agence Tasmanie ne s’est pas arrĂŞtĂ©e en si bon chemin après la campagne « Le Parfait » pour remettre cela avec les barres chocolatĂ©es « Kit Kat » Une campagne que j’ai du mal Ă quantifier ou Ă qualifier tant elle est passĂ©e inaperçue dans notre blogosphère suisse. Pas Ă©vident de se retrouver de passer du classique au marketing 2.0 sans pour autant essuyer les frais d’un tel apprentissage. Loin de moi l’idĂ©e de jeter la pierre Ă l’agence voir mĂŞme au client mais la mĂ©chante impression que lĂ aussi, la communication est encore au mode 1.0 dans ce genre de campagnes (mailing en masse, groupes facebook sans community manager, pas de vision sur le long terme). Il serait tellement plus facile et surtout ouvert de se mettre Ă plus impliquer blogueurs, lecteurs, clients et futurs clients qui pourraient ainsi passer du statut de spectateur au statut de collaboratif, de quoi rĂ©ellement assumer cet aspect d’implication. En fait, se retrouver ainsi Ă avoir des ambassadeurs d’une marque et non « juste des clients » Ă qui on passe une info: acheter nos produits !
Ali Khebab
Seconde fois pour la SGA (SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale d’Affichage) de donner dans le buzz avec leurs propres supports: les affiches. Comme en pĂ©riode creuse avec l’Ă©tĂ© les campagnes d’affichage sont moins nombreuses sur nos murs, qu’Ă cela s’ajoute la « crise », la SGA fait appel Ă Publicis pour lancer cette campagne. Une campagne nationale avec un message simple « Ali Khebab arrive en ville » DĂ©clinĂ©e en anglais (ben ouais c’est plus facile dans un pays dans lequel on parle juste 4 langues) et avec le mĂŞme visuel, ces affiches ont fait parler d’elles et ceci jusqu’au « end user » mais cĂ´tĂ© efficacitĂ© et mesures, on peut Ă©mettre de sĂ©rieux doutes. Seul le nombre: les affiches prĂ©sentes dans chaque villes apparaissent sur la seconde volĂ©e d’affichage. Pas sĂ»r que cela amène plus de clients Ă utiliser ce support.
« Attack of the buzz », Un film sur le buzz et le viral
NumĂ©ro 10, une agence suisse (la seule ou la première en Suisse et de nationalitĂ© suisse Ă donner dans le viral & le buzz) installĂ©e Ă Berne se lance elle aussi dans le trend de ces « nouvelles techniques » et produit ni plus ni moins une sĂ©rie de projection de film sur le thème du moment. Avec des villes comme Berne, Zurich et Lausanne on est lĂ Ă tous attendre ce qui se fera et ce qui sera prĂ©sentĂ©. Une mini opĂ©ration de buzz lancĂ©e Ă la fin du printemps 2009 et qui trouvera son apothĂ©ose durant l’automne de la mĂŞme annĂ©e dans plusieurs villes de Suisse. NumĂ©ro 10 qui se voit accueillir ses futurs clients sous le label Buzzilla se donne les moyens de le faire avec une Ă©quipe toute dĂ©diĂ©e Ă cette tâche. Le film qui ne se veut pas ĂŞtre un documentaire, prĂ©sentera le thème sous la forme d’un film de fiction d’une trentaine de minutes. Comme certains le savent dĂ©jĂ , je serais bien Ă©videmment prĂ©sent Ă la projection Lausannoise le 1er octobre prochain, avec un camĂ©ra il va sans dire. Pour revenir Ă Buzilla, j’attends beaucoup de voir ce que sera l’annĂ©e 2010 avec un telle orientation.
Cette liste pourrait ĂŞtre complĂ©tĂ©e par les projets en cours sur lesquels j’ai des infos ou ceux pour qui je me retrouve impliquĂ© (et il y a pas mal !) mais ce ne serait plus du coup, du buzz ou du viral, donc patience il y en aura pour tout le monde.
*A ce propos, votre serviteur s’est amusĂ© Ă produire et prĂ©senter trois films Ă ce concours et en a gagnĂ© deux. Ces deux rĂ©alisations ont Ă©tĂ© faites avec le support d’internautes qui avaient rĂ©pondu prĂ©sent Ă l’invitation de participer Ă ces films. Comme quoi le collaboratif et les rĂ©seaux sociaux peuvent sacrement servir.
Merci Thierry pour cet article qui dĂ©montre bien que malgrĂ© les clichĂ©s, nous petits suisses on s’en sort pas trop mal non-plus dans le Buzz.
D’ailleurs, je me rappelle d’un article du journaliste français Guy Birenbaum* (très actif sur le net) qui disait, Ă propos des clips web du PLR, qu’il voudrait bien ĂŞtre Suisse. (RĂ©f : http://www.lepost.fr/article/2009/02/22/1432546_ah-si-j-etais-suisse.html)
A tantĂ´t Thierry !
* http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Birenbaum
Merci pour ce commentaire et surtout pour les liens qui vont avec. Oui, je suis sĂ»r que malgrĂ© la taille de notre pays, il y a de quoi faire. Ce n’est ici que le dĂ©but!